05 novembre 2006
Sémacartes parmi les cartes
Les sémacartes sont régulièrement confondues avec d'autres types de cartes et en particulier les plus populaires d'entre elles : les cartes heuristiques. Je me suis ainsi aperçu que très souvent on a tendance à faire un amalgame : cartographie d'information = cartes heuristiques. Pourtant les sémacartes n'en on pas moins une identité propre et des usages qui diffèrent de ceux des cartes heuristiques. Ma discussion avec Serial Mapper a permis de mettre en relief certaines de ces différences. Par ailleurs, la légende des sémacartes mise à disposition sur ce blog permet vite de se rendre compte, lorsqu'on pratique déjà les cartes heuristiques, qu'il s'agit bien de deux choses différentes.
D'où l'idée de montrer à l'aide d'une sémacarte une vue d'ensemble de la cartographie d'information et des méthodes de cartographie d'information. Dit comme cela, c'est ambitieux, trop ambitieux, vous avez raison. Cette sémacarte ne représente en fait que mes propres connaissances, et elles sont très limitées, n'étant pas moi-même un professionnel de ce domaine. Il peut donc s'agir d'un point de départ qui pourra être enrichi en fonction de vos commentaires, si les éléments qui apparaissent sur la sémacarte en évoquent d'autres chez vous.
Cependant, mon objectif qui était de faire apparaitre les sémacartes et les cartes heuristiques à des positions différentes, pour les distinguer, est atteint.
Je vous propose maintenant de mettre la carte sous vos yeux pour que nous puissions la parcourir ensemble... Découvrez-là au format PDF en cliquant sur l'icônes ci-dessous :
De loin, vous voyez se dessiner trois zones colorées : verte, orange et mauve.
Le vert correspond au concept "Processus cartographique". J'en ai fait deux familles distinguant ainsi les processus manuels des processus automatiques. Les processus manuels correspondent aux démarches du type sémacartes ou cartes heuristiques. Le "Processus cartographique" possède également des caractéristiques propres comme le fait qu'il s'agisse d'une "Approche non-linéaire de l'information" ou bien que le "Processus cartographique" permette une mémorisation accrue.
Le mauve symbolise le "Contenu", c'est à dire l'information ou la connaissance qui va servir de substrat à la représentation cartographique. Les zones vertes et mauve sont associées à travers des liens directs car j'ai pensé que les processus manuels sont plus adaptés au contenu sémantiquement non-structuré alors que les méthodes automatiques opérent généralement sur la base de contenu déjà sémantiquement structuré.
L'orange s'associe à la notion de "Modèle" dont la "Carte" est une représentation visuelle. La relation d'héritage entre contenu "Sémantiquement structuré" et "Carte" signifie que la carte n'est finalement qu'une forme de contenu structuré qui exploite diverses dimensions de l'espace pour s'exprimer. Cela veut aussi dire (en suivant le lien entre "Sémantiquement structuré" et "Automatique") que la carte peut elle-même être le point d'entrée pour un processus de cartographie automatique proposant ainsi une méthode cartographique à deux niveaux : une première passe manuelle pour structurer une information non structurée sémantiquement puis une passe automatique pour effectuer une seconde transformation cartographique incluant potentiellement des agrégations avec d'autres sources de données, etc.
La "Carte" hérite donc des caractères du "Modèle" et du contenu "Sémantiquement structuré".
La classification sous "Carte" bien que sans doute très incomplète fait apparaitre les "Carte heuristique" et "Carte de concept" comme deux famille qui se distinguent de par leur topologie. La "Sémacarte" étant une sous-famille des "Carte de concept". J'ai également ajouté quelques types de cartes en provenance du travail de Christophe Tricot.
Voilà, j'espère que cette visite guidée simplifie la compréhension de la sémacarte.
22:45 Publié dans sémacartes (bibliothèque) , sémacartes (ontologie) | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sémacarte, processus cartographique, carte heuristique, contenu, modèle, modélisation
18 octobre 2006
Une légende pour les sémacartes
Il est un élément des plus utiles lorsqu'on souhaite comprendre toute carte en général et dont l'absence se fait cruellement sentir pour les sémacartes : il s'agit de la légende.
Cette absence, probablement décourageante (en tout cas source de difficulté) pour tous ceux qui souhaitent pouvoir lire les sémacartes, les comprendre, contribuer à leur évolution, voire atteindre le stade suprême et ultime de la création (là, j'en fait sûrement beaucoup trop, mais prenez-le vraiment comme de l'auto-dérision).
Bref, pour atteindre tous les objectifs et les étapes que j'ai pu me fixer, il manquait un maillon essentiel.
Je dois dire que c'est le groupe de travail et de discussion à propos des sémacartes qui a rapidement attiré mon attention sur ce manque pourtant criant.
J'espère donc pouvoir combler cette absence et peut-être susciter de nouvelles vocations... En tout cas, j'ai essayé de condenser l'essentiel de la notation et sa sémantique dans un document compact accessible ci-dessous. Je vous suggère donc d'ouvrir la légende à chaque fois que vous lisez une sémacarte. Pour en faciliter l'usage, des liens vers la légende seront bientôt proposés à chaque endroit dans ce blog où une sémacarte est accessible.
Chose amusante : la légende pour les sémacartes est une sémacarte ; un exemple de réflexivité ou d'auto-référence. J'espère néanmoins qu'elle sera facilement compréhensible et exploitable sans nécessité d'avoir la légende de la légende. Les liens (url) dans les commentaires qui décorent cette légende peuvent vous permettre d'aller directement à la note correspondante de la rubrique sémacartes (ontologie), seule référence disponible jusqu'alors pour vous aider à construire et vous orienter dans les sémacartes.
23:50 Publié dans sémacartes (bibliothèque) , sémacartes (ontologie) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sémacarte, légende
06 octobre 2006
Groupe de travail sur les Sémacartes
Vu l'intérêt certain porté aux sémacartes et vu les obstacles et l'effort explicatif et d'appropriation demandé. Vu également les propositions de rencontres et de discussions qui s'élaborent, je me suis demandé si il n'était pas devenu nécessaire de constituer un groupe de travail, de discussion et de réflexion autour des sémacartes. Ce groupe pourrait librement évoquer les usages, les méthodes de construction, les outils associés, etc.
Il s'agirait donc d'un espace collaboratif et ouvert dont l'objet serait de facilter la communication et les discussions entre tous ceux qui souhaitent découvrir les sémacartes, les utiliser, les construire, les partager, etc.
C'est l'occasion de créer une communautée réunie autour de la création et du partage de connaissances sur une base cartographique particulière : la sémacarte.
Après tout pourquoi pas ?!
Alors, aussitôt dit, aussitôt fait :-)
J'ai donc créé un groupe sur Yahoo! appelé semacarte.
Je vais prochainement inviter toutes les personnes ayant manifesté un désir de mieux connaitre et comprendre les sémacartes à travers des commentaires sur neocogit. Libre à elles d'accepter ou non cette invitation. Tous ceux qui sont intéressés peuvent nous rejoindre.
L'adresse pour écrire au groupe est semacarte[at]yahoogroupes.fr.
Pour vous inscrire, vous pouvez utiliser l'adresse suivante : semacarte-subscribe[at]yahoogroupes.fr
Vous pouvez également utiliser le formulaire ci-contre (colonne gauche, "Communauté Sémacarte").
Voyons où nous mène cette nouvelle aventure...
16:00 Publié dans sémacartes (ontologie) | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sémacarte, évolution, collaboration, groupe de travail
01 octobre 2006
Réflexivité
...ou réflexion à propos des finalités de neocogit et de l'évolution des sémacartes...
Les motivations qui m'ont conduit il y a quelques mois à créer neocogit sont les suivantes :
(1) La douce euphorie de la vague blog qui m'a entraîné dans ses remous ; pour vouloir et avoir un blog, il faut bien dire et écrire quelque chose. On s'aperçoit rapidement que cela demande une réelle volonté et implication, le don d'un peu de son temps personnel, les doutes et la remise en question à l'issu de chaque période d'écriture "creuse".
(2) Organiser et structurer mes propres démarches, pensées, explorations, cheminements, tatonnements en me "forçant" à les formaliser pour les communiquer et les partager. En effet, j'avais l'impression d'avoir un parcours atypique et intéressant (égo, égo, dis-moi que je suis beau), d'avoir également eu de la chance sur ce parcours en ayant pu faire quelques "prise de conscience" et rencontres opportunes à certains moments clés de la vie, qu'il s'agisse de rencontres avec des personnes physiques, des livres, des idées. Bref, il me semblait qu'il était possible de dire et d'écrire des choses susceptible d'intéresser et de faire réagir d'autres personnes. Le blog est devenu le moyen de cette envie.
(3) Faire l'expérience de la création et la propagation (on est pas loin d'une expérience de mémétique) d'un concept de carte sémantique ou sémacarte (ce néologisme à d'ailleurs été forgé au moment du démarrage de ce blog) qui pourrait peut-être intéresser d'autres personnes. En d'autres termes, essayer de rompre l'isolement dans lequel je m'étais mis avec les sémacartes. Je viens de dire que la création du néologisme "sémacarte" a été rendu nécessaire par le lancement de ce blog, pour satisfaire à un objectif de communication, mais la pratique de cette forme de cartographie remonte à bien plus longtemps. Il a fallu des circonstances particulières pour que cette représentation cartographique émerge et devienne petit à petit une façon de plus en plus naturelle pour moi de prendre des notes, synthétiser, mémoriser, assimiler, apprendre, désapprendre. Je ne peux plus m'en passer aujourd'hui.
Je me suis cependant rendu compte assez vite que la valeur ajoutée que m'apportait cette pratique était, à de rares exceptions, inversement proportionnelle à la capacité pour moi de partager et communiquer ces synthèses, ces notes de cours, ces travaux visuels. En effet, peu de personnes pratiquent et utilisent la cartographie d'information et pour beaucoup ne connaissent pas du tout ce type de réprésentation. Cela a pour conséquence logique d'entraîner un phénomène de rejet (souvent), de curiosité (parfois) ou d'adhésion (rarement). En effet, demander un investissement en temps, voire un changement de paradigme, n'est pas facile à obtenir ! On se contentera souvent de s'en tenir aux méthodes traditionnelles (souvent le texte, parfois les tableaux).
D'où la finalité principale de neocogit, qui j'imagine en trois itérations ou phases, les trois pouvant coexister à un moment donné :
(1) Faire connaître les sémacartes à l'audience la plus large possible. Susciter l'intérêt, la curiosité, l'envie d'utiliser et la compréhension. Pour cela, il est nécessaire de publier un grand nombre de sémacartes dans des domaines variés (pour capter l'attention d'un maximum de personnes d'horizons divers, mais tout en restant dans mes propres centres d'intérêt pour que l'exercice reste un plaisir) ainsi qu'un "mode d'emploi" ou guide de construction (que l'on peut trouver dans la rubrique ontologie). Je sais qu'une synthèse de cette ontologie et de toute la notation graphique des sémacartes est attendue par certains lecteurs ; c'est quelque chose qui ne tardera plus.
Cette première phase pourrait être qualifiée de phase subjective car la production de sémacartes est mienne et reflète donc ma seule subjectivité. Lorsque neocogit se verra régulièrement enrichi par des commentaires et remarques de fond, qui montreront une compréhension de la sémacarte telle que cela amène à formuler des des critiques et commentaires pertinents par rapport au contenu. Ces retours permettrons à leur tour un retour vers la sémacarte pour l'enrichir et la faire évoluer.
(2) Passer de la subjectivité à l'inter-subjectivité. De plus en plus de sémacartes auront été enrichies suite aux remarques et commentaires des lecteurs de neocogit, qui diviendrons alors de véritables acteurs et contributeurs. Ces sémacartes refléterons alors une inter-subjectivité, un état de connaissances collectives. L'exemple du voyageur imprudent (voir les commentaires) illustre une telle interaction donnant lieu à une sémacarte enrichie qui intègre un point de vue qui n'était pas le mien.
(3) Passer de contributeur à constructeur et créateur de sémacartes. Là, j'ai été cloné :-) En tout cas d'autres que moi s'approprient ce mode de représentation qui est en fait bien plus qu'un mode de représentation. C'est une façon de voir, de comprendre et d'apprendre. Je parlerai donc plus d'un mode de pensée, d'une approche non plus linéaire mais systémique, modélisante, globale, holistique où le tout est plus que la somme des parties mais où la partie est en même temps plus que le tout. Une approche qui permet de rendre la complexité intelligible et belle en même temps.
Une sémacarte condense les connaissances, permet de se les approprier en profondeur, permet de restituer des connaissance et les transférer vers le cerveau comme une mémoire annexe pourrait le faire.
Ici, l'investissement pour le constructeur de sémacartes est certe très important mais les gains potentiels sont énormes pour l'individu. Seulement, il manque les outils. C'est un frein important car s'approprier un logiciel de modélisation UML pour n'en utiliser que 10% est difficile.
Cela pourrait devenir un projet pour neocogit : concevoir et développer un outil simple pour construire des sémacartes. Et pourquoi pas pour s'y promener, selon une métaphore 3D ou autre.
Oh, là, là, j'écris, j'écris, je me laisse entraîner. Que d'envies. J'espère que quelques-uns auront au le courage de lire cette note entièrement. En tout cas, le jour où quelqu'un me proposera une sémacarte dont je ne serais par à l'origine, la phase (3) commencera son existence.
22:30 Publié dans cogitations , sémacartes (ontologie) | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : réflexivité, sémacarte, neocogit, finalité
09 avril 2006
Ontologie des sémacartes (6) - Modéliser la réalité
Finalement, la série de trois consacrée aux stéréotypes, revisités et redéfinis en métatypes par l'influence des sémacartes, n'achève pas le cycle des ontologies comme pourtant annoncé.
En effet, chemin faisant, les sémacartes m'ont amené à me poser des questions sur le concept de réalité.
Contruire une sémacarte amène, comme vous le savez sans doute déjà, à manipuler, relier et associer des concepts-idées-connaissances en utilisant toutes les associations présentées jusque là dans neocogit. Or, ces concepts-idées-connaissances proviennent de l'univers cérébral du séma-cartographe, font partie de son cerveau, des ses constructions mentales, de sa noosphère personnelle, du monde totalement subjectif. Je serais même tenté de dire, utilisant le vocabulaire acquis durant la tentative de modélisation d'un mème, qu'un concept-idée-connaissance est directement associé à un engramme. C'est donc quelque chose au départ intimement lié à un individu, à sa structure cérébrale.
Bien entendu, dans la plupart des cas, ce concept-idée-connaissance a un équivalent dans de nombreux cerveaux, et transmettre une sémacarte d'une personne à une autre permet de transmettre une idée complexe où chacun peut alors, dans un effort de lecture et d'appropriation créer des associations avec ses propres concepts-idées-connaissances déjà existants ou d'en créer de nouveaux. On est alors dans l'univers de l'inter-subjectivité, des perceptions et d'idées partagées et communes à un groupe de personnes, bien que non objectives.
Tout cela s'intègre bien avec les sémacartes et leur sémantique, telle qu'elle a été définie jusqu'alors.
J'ai cependant ressenti un manque, une absence, au moment de passer dans le monde de la réalité objective, des choses admises, non réfutables, perceptibles de la même façon par tous (je parle bien de la perception, pas de la représentation qui pourra en être faite...). Ainsi, représenter un exemple, une entité du monde réel dans les sémacartes se faisait souvent avec une note (dans laquelle figure par exemple une URL qui pointe vers un site web, entité concrète du monde réel). On peut aussi penser que la relation d'héritage, allant du plus général au plus spécialisé pouvait convenir à représenter quelque chose qui tends vers l'objectivité et surtout la réalité physique. Ce n'est pourtant pas le cas ; l'usage de l'héritage n'oblige pas à aboutir à la réalité !
Je propose donc, pour marquer ce passage, cette frontière importante entre le subjectif, l'inter-subjectif et le réel objectif d'enrichir le vocabulaire et la sémantique des sémacartes avec une notion de réalité. Cette réalité aura le sens de désigner quelque chose de réel, tangible, perceptible de l'extérieur, objectivement présent dans notre monde.
Ainsi ce passage important du monde des représentations à celui des réalités sera clairement identifié et explicite.
Il ne suffit alors plus qu'à lui donner, à lui aussi, une représentation. Ce sera bientôt chose faite.
20:49 Publié dans sémacartes (ontologie) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28 mars 2006
Stéréotypes et représentation graphique
Il ressort des notes précédentes (1, 2) consacrées aux stéréotypes qu'ils constituent un vocabulaire spécialisé, sorte de méta-langage d'une sémacarte qui permet de gravir les échelons du sens et de la connaissance et ainsi de démultiplier la puissance d'expression d'une sémacarte. Ils s'appliquent aussi bien aux relations qu'aux concepts-idées-connaissances.
La sémantique de ce méta-langage est soit définie par une définition, soit par une sémacarte. Ce dernier point permet d'envisager une récursivité sémantique, où des sémacartes définissent un concept-idée-connaissance qui sera réutilisé dans d'autres cartes, etc.
Il se trouve que le standard UML offre la possibilité de définir une représentation graphique particulière pour chaque stéréotype. Cette possibilité, que se réapproprient les sémacartes, permet de faire des constructions visuellement plus attrayantes et signifiantes si les signes qui représentent les stéréotypes sont bien choisis.
On peut, par exemple, faire très directement le parallèle entre cette notion et les cartes de l'université tangente. J'ai reproduit ci-dessous un extrait de la légende de l'une des cartes accessible sur leur site :

Chaque élément visuel peut très bien être assimilé à un stéréotype...
Je crois que je préfèrerais personnellement appeler cela un méta-type plutôt qu'un stéréotype. Méta-type comme type de type ou type abstrait.
22:00 Publié dans sémacartes (ontologie) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
26 mars 2006
De l'usage des stéréotypes
Il me semble que les stéréotypes méritent bien une petite illustration.
Ainsi, considérons tout d'abord le concept d'émergence et sa représentation en tant que stéréotype dans une sémacarte. L'émergence peut par exemple relier deux concepts comme la fourmi et la fourmilière (souvenir de Gödel, Escher, Bach de Douglas Hofstadter) ou celui de web et de super-intelligence (voir l'article du blog d'Automates Intelligents, "Le Web n'est pas encore un super-cerveau" même si la conclusion de l'article ne va pas encore dans ce sens). La façon de représenter cela à l'aide d'une sémacarte est la suivante :

Il apparait que le lien entre fourmi et fourmilière est une association d'aggrégation alors que celui entre le web et la notion de super-intelligence est une dépendance.
En effet, il paraît nécessaire de distinguer l'émergence d'une fourmilière comme étant associée structurellement aux éléments qui la composent, c'est à dire les fourmis, ce qui justifie cette relation d'aggrégation qui signifie que le fourmilière est constituée de fourmis alors que la relation entre super-intelligence et web relève moins d'une relation structurelle directe, la super-intelligence ne pouvant être directement associée structurellement au web.
Voilà en tout cas une illustration d'un stéréotype appliqué aux relations. Dans une prochaine note, je mettrai en appliquation un stéréotype appliqué à une entité concept-idée-connaissance, le mème par exemple.
11:05 Publié dans sémacartes (ontologie) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sémacarte
21 mars 2006
Ontologie des sémacartes (5) - Les stéréotypes
Cette note devrait clore la série "Ontologie des sémacartes (#)". En effet, tout le langage sémantique servant de base aux sémacartes aura été abordé ; les concepts-idées-connaissances et ce qui permet de les relier : associations, héritage, dépendance et, dans cette note, les stéréotypes (toujours un concept défini par la norme UML mais assoupli et adapté pour l'usage spécifique du constructeur de sémacartes).
Les stéréotypes sont un outil vraiment étonnant puisqu'ils permettent de fabriquer un véritable méta-langage, de créer un vocabulaire complètement nouveau avec sa sémantique propre, pour l'appliquer à un domaine particulier.
Bien-sûr, manipuler cette notion demande à prendre des précautions particulières afin que les modèles restent intelligibles. Il ne s'agit pas d'introduire un nouveau stéréotype de façon arbitraire pour faire un raccourci, se simplifier la vie, et un usage parcimonieux et pertinent doit absolument en être fait.
Les stéréotypes se situent véritablement au niveau méta par rapport au modèle sur lequel on travaille. Ils constituent une nouvelle famille, une nouvelle classe sémantique.
La représentation d'un stéréotype est une expression placée entre guillemets. Chaque nouveau stéréotype introduit dans une sémacarte doit absolument avoir été défini par une définition ou par une autre sémacarte. Ainsi, on peut par exemple créer et introduire un stéréotype "émergence" correspondant à cette définition ou un autre stéréotype "mème" qui est défini par cette sémacarte.
Les stéréotypes sont donc un outil créateur au service de l'évolution des sémacartes. On peut imaginer construire une famille de stéréotypes destinées à modéliser l'univers de la mémétique, ou celui des systèmes complexes, sociaux, etc. Une processus possible serait qu'une famille de sémacartes serve à décrire certains concepts de base, lesquels se voient transformés en stéréotypes, lesquels servent à construire de nouvelles sémacartes à un niveau méta, lesquelles servent à nouveau à définir des concepts, lesquels...
Les stéréotypes autorisent donc la récursivité sémantique, c'est à dire qu'une sémacarte puisse servir de fondation à une nouvelle sémacarte et ainsi de suite. On peut ainsi progresser dans la direction du sens et de la connaissance. C'est en tout cas ma conviction. Reste à la mettre en pratique de façon convaincante.
23:20 Publié dans sémacartes (ontologie) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
20 mars 2006
Ontologie des sémacartes (4) - La dépendance
Nous avons déjà passé en revue plusieurs types de liens sémantiques pour relier les connaissances-concepts-idées afin de permettre la construction des sémacartes : l'association et ses trois formes d'expression (l'association simple, l'aggrégation et la composition) ainsi que l'héritage.
Ces deux familles de liens permettent d'exprimer et de définir des reliances, c'est à dire de créer un lien sémantique structurel entre divers éléments.
La dépendance est d'une autre nature. Il s'agit d'une relation unidirectionnelle exprimant une dépendance sémantique entre un élément origine et un élément influencé ou dépendant. L'élément influencé est celui qui subit la dépendance et son effet alors que l'élément origine est celui qui est responsable de la dépendance, de son origine et de ses effets.
Cette relation de dépendance se représente (toujours selon le langage de modélisation UML - Unified Modeling Langage) avec une flèche en traits pointillés qui pointe vers l'élément origine de la dépendance. Cette relation peut bien entendu être précisée par du texte.
Ainsi, l'exemple suivant illustre ces notions tout en faisant un clin d'oeil au célèbre "effet papillon" cher à la théorie du chaos, à la complexité et aux systèmes non linéaires : la battement d'aile d'un papillon (exprime une sensibilité aux conditions initiales) peut provoquer un ouragan (non linéarité).

On comprend bien, à l'aide de cet exemple, qu'il n'existe aucun lien structurel entre le phénomène météo et le papillon alors que pourtant l'un des deux est à l'origine, ou contribue à l'origine, de l'autre. C'est donc la relation de dépendance qui permet d'exprimer justement cette dépendance systémique au combien importante à dicerner lorqu'il s'agit de modéliser la complexité.
C'est ainsi que la dépendance montre tout son intérêt, dans le fait de pouvoir modéliser des liens autres que structurels ; par exemple des liens organisationnels et informationnels comme l'auto-organisation, l'émergence, etc.
21:20 Publié dans sémacartes (ontologie) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
14 mars 2006
Donner de la couleur aux sémacartes
Depuis une première tentative d'utilisation de la couleur pour faciliter et "guider" la lecture des sémacartes, j'ai pris cela comme une habitude et je suis maintenant à peu près convaincu qu'il s'agit d'une bonne habitude. En effet, la coloration de concepts ou groupes de concepts m'a déjà aidé à mettre en évidence une erreur ou un défaut de sens dans une sémacarte et inversement je trouve véritablement que leur lecture s'en trouve facilitée.
De là à dire qu'une sémacarte belle est une sémacarte juste ou intelligible, il n'y a qu'un pas :-)
Cela me rappelle un passage de l'excellent Gödel, Escher, Bach de Douglas Hofstadter où Achille et la tortue imaginent pouvoir mettre en musique des propositions mathématiques en se demandant si il existe un passage entre le monde musical et le monde mathématique via lequel les propositions mathématiquement justes allaient sonner juste à l'oreille et les propositions fausses allaient être dissonantes...
Ainsi, pour revenir au sujet initial, je propose deux règles pour que la couleur devienne véritablement une nouvelle dimension pour l'expression et l'intelligibilité des sémacartes :
1) La relation d'héritage entre concepts-idées-connaissances traduit un changement du niveau d'abstraction et de représentation, d'un niveau général / abstrait à un niveau plus spécialisé / concret et vice-versa. Le principe consiste à conserver une même teinte pour la famille ainsi constituée mais à faire varier cette teinte à partir d'un ton sombre pour le concept le plus général, à un ton de plus en plus clair pour les concepts les plus spécialisés.
2) Les groupes de concepts formés par la relation d'aggrégation ou de composition ont en commun une même teinte unique. Comment peut-on définir et discerner un agrégat de concepts ? Ou se situe la frontière ? La sensibilité du séma-cartographe entre bien-entendu en jeu mais aussi le type d'associations qui relient les concepts entre-eux. Par exemple, une association simple (sans diamant noir ni diamant blanc) traduit une relation lâche, souple, favorable au changement de couleur et au passage d'un groupe de concepts à un autre, alors qu'une association avec diamant (qu'il soit noir ou blanc) traduit une relation et une dépendance forte entre les concepts, défavorable au changement de couleur.
Il s'agit en tout cas là des régles que je me propose de suivre et d'appliquer pour la construction des sémacartes. Des exemples sont par ailleurs déjà disponibles dans la bibliothèque de sémacartes.
23:20 Publié dans sémacartes (ontologie) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sémacarte, couleur












