22 octobre 2006
Rencontre avec Serial Mapper
J'ai eu le plaisir de pouvoir rencontrer (physiquement !) et dialoguer avec Serial Mapper, un éminent cartographe de la guilde des cartes heuristiques.
Dit ainsi, cela fait de suite "jeu d'aventure", mais notre entrevue fût très sérieuse, très animée et passionnée.
Bien entendu, nous avons échangé nos cartes. Cette action tellement anodine et mécanique dans la vie professionnelle courante, prend ici, entre deux férus de cartographie, une toute autre dimension !
Nos échanges ont essentiellement portés sur les cartes heuristiques et sémacartes (ce n'est pas la même chose !), ce qui les distingue mais aussi ce qui les uni. Ainsi, j'ai pu constater que le plaisir et la passion était la même entre nous, et que la valeur ajoutée de cette pratique de la cartographie d'informations-connaissances est un point commun fort qu'il s'agisse d'une sémacarte ou d'une carte heuristique :
- facilité et plaisir de l'apprentissage et appropriation / mémorisation grâce au processus de construction d'une carte
- facilité et plaisir de la restitution des informations-connaissances mémorisées, même après une longue période "d'oubli", simplement en relisant et parcourant une carte existante
Claude (Serail Mapper) a également insisté sur la fait qu'il cherche et trouve, à l'aide des cartes heuristiques, une efficacité opérationnelle via rapidité et simplicité de mise en oeuvre. Il estime notamment que la couche "méta" (ce sont ses propres termes) apportée par les sémacartes (conséquence d'une pratique de modélisation assez poussée) ne lui est pas utile et n'est pas efficace. Ceci est à regarder à travers la loi de pareto, ou loi de 20/80, qui stipule que le gain qualitatif apporté est sans commune mesure avec l'effort consenti pour obtenir ce gain qualitatif. Ainsi, les liens transverses, si typiques de la structure en réseau des sémacartes ou autre cartes de concepts ne lui paraissent pas "utiles", sont trop consommateurs de temps et seraient même une source de fermeture, voire de frein à l'évolution de ladite carte. De même, afficher les liens transverses consiste à afficher une sorte d'objectivité, synonyme de fermeture et de "tout est dit" ne laissant plus d'espace à la créativité, à l'interprétation.
J'ai bien entendu un avis différent à ce sujet. Je trouve au contraire que le fait de réfléchir à ces liens transverses, permet d'approfondir énormément le sujet étudier et de "graver" encore plus fortement l'apprentissage dans la mémoire. Par ailleurs, l'expérience m'a montré que les sémacartes étaient tout à fait adaptées à subir des évolutions et transformations en profondeur. De même, concernant la créativité, passer beaucoup de temps sur la place des liens transverses, m'a souvent amené à créer des relations pertinentes dont je n'était pas conscient quelques instants auparavent, justifiant ainsi pleinement le surplus de temps passé à établir ces liens. De plus, cet aspect de modèle des sémacartes, permet à mon sens un partage de connaissances et un échange moins subjectif car laissant moins de place à l'implicite. En effet, le prix du gain de temps obtenu avec les cartes heuristiques est celui de l'implicite c'est à dire le choix de ne pas représenter des relations implicites déjà présentes dans l'esprit du cartographe de ladite carte heuristique. Quid de cet implicite lors du transfert d'une personne à l'autre ?
En tout cas, je garde un très bon souvenir de cette rencontre. J'espère que d'autres rencontres de ce type pourront avoir lieu régulièrement. Je pense qu'il y a une place pour les cartes heuristiques tout comme pour les sémacartes. Claude m'a promis de prendre le temps de réaliser des cartes heuristiques qui, à l'instar des sémacartes, intégreraient ce niveau méta de modélisation. C'est un échange qui s'annonce prometteur.
Pour terminer, n'oublions pas que les sémacartes sont jeunes, en évolution et en mutation. Elles sont moins simples à appréhender, à priori plus difficiles à lire et à comprendre que les cartes heuristiques, mais je suis persuadé que leur valeur ajoutée compense très largement le nécessaire investissement en temps pour les dompter...
23:40 Publié dans cartographies, cogitations | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cartographie, carte heuristique, sémacarte, rencontre, blog











Commentaires
Utilisant les deux types de cartes, je suis d'accord sur le fait que les cartes sémantiques sont plus difficiles d'accès. Les liens transverses n'ont pas tous la même définition. Certaines définitions des liaisons ne sont simples à intégrer.
Ecrit par : Antoine | 26 octobre 2006
Vous dites utiliser les deux types de cartes. S'agit-il de lecture ou également d'écriture ?
Si vous avez vous même réalisé des sémacartes, je serais très intéresser de les découvrir !
Il est vrai que les liens transverses (finalement dans une sémacarte, tous les liens sont transverses) n'ont pas tous la même définition, mais c'est justement ce qui est fait la richesse sémantique.
Après le nécessaire apprentissage, la lecture devient intuitive.
Ecrit par : Christophe | 26 octobre 2006
Etant informaticien, j'utilise surtout les carte sémantiques pour représenter un logiciel, un programme avant de le coder. C'est vraiment spécifique. Je les utilise de moins en moins souvent car mon métier change. Par contre, les cartes heuristiques sont mon quotidien. J'en fais à longueur de journée.
Pour tout vous dire, je ne connaissais que l'application informatique des cartes sémantiques. J'en ai découvert d'autres applications par votre intermédiaire.
Ecrit par : Antoine | 27 octobre 2006
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