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01 octobre 2006

Réflexivité

medium_reflexivite-evolution.jpg...ou réflexion à propos des finalités de neocogit et de l'évolution des sémacartes...

Les motivations qui m'ont conduit il y a quelques mois à créer neocogit sont les suivantes :
(1) La douce euphorie de la vague blog qui m'a entraîné dans ses remous ; pour vouloir et avoir un blog, il faut bien dire et écrire quelque chose. On s'aperçoit rapidement que cela demande une réelle volonté et implication, le don d'un peu de son temps personnel, les doutes et la remise en question à l'issu de chaque période d'écriture "creuse".

(2) Organiser et structurer mes propres démarches, pensées, explorations, cheminements, tatonnements en me "forçant" à les formaliser pour les communiquer et les partager. En effet, j'avais l'impression d'avoir un parcours atypique et intéressant (égo, égo, dis-moi que je suis beau), d'avoir également eu de la chance sur ce parcours en ayant pu faire quelques "prise de conscience" et rencontres opportunes à certains moments clés de la vie, qu'il s'agisse de rencontres avec des personnes physiques, des livres, des idées. Bref, il me semblait qu'il était possible de dire et d'écrire des choses susceptible d'intéresser et de faire réagir d'autres personnes. Le blog est devenu le moyen de cette envie.

(3) Faire l'expérience de la création et la propagation (on est pas loin d'une expérience de mémétique) d'un concept de carte sémantique ou sémacarte (ce néologisme à d'ailleurs été forgé au moment du démarrage de ce blog) qui pourrait peut-être intéresser d'autres personnes. En d'autres termes, essayer de rompre l'isolement dans lequel je m'étais mis avec les sémacartes. Je viens de dire que la création du néologisme "sémacarte" a été rendu nécessaire par le lancement de ce blog, pour satisfaire à un objectif de communication, mais la pratique de cette forme de cartographie remonte à bien plus longtemps. Il a fallu des circonstances particulières pour que cette représentation cartographique émerge et devienne petit à petit une façon de plus en plus naturelle pour moi de prendre des notes, synthétiser, mémoriser, assimiler, apprendre, désapprendre. Je ne peux plus m'en passer aujourd'hui.

Je me suis cependant rendu compte assez vite que la valeur ajoutée que m'apportait cette pratique était, à de rares exceptions, inversement proportionnelle à la capacité pour moi de partager et communiquer ces synthèses, ces notes de cours, ces travaux visuels. En effet, peu de personnes pratiquent et utilisent la cartographie d'information et pour beaucoup ne connaissent pas du tout ce type de réprésentation. Cela a pour conséquence logique d'entraîner un phénomène de rejet (souvent), de curiosité (parfois) ou d'adhésion (rarement). En effet, demander un investissement en temps, voire un changement de paradigme, n'est pas facile à obtenir ! On se contentera souvent de s'en tenir aux méthodes traditionnelles (souvent le texte, parfois les tableaux).

D'où la finalité principale de neocogit, qui j'imagine en trois itérations ou phases, les trois pouvant coexister à un moment donné :

(1) Faire connaître les sémacartes à l'audience la plus large possible. Susciter l'intérêt, la curiosité, l'envie d'utiliser et la compréhension. Pour cela, il est nécessaire de publier un grand nombre de sémacartes dans des domaines variés (pour capter l'attention d'un maximum de personnes d'horizons divers, mais tout en restant dans mes propres centres d'intérêt pour que l'exercice reste un plaisir) ainsi qu'un "mode d'emploi" ou guide de construction (que l'on peut trouver dans la rubrique ontologie). Je sais qu'une synthèse de cette ontologie et de toute la notation graphique des sémacartes est attendue par certains lecteurs ; c'est quelque chose qui ne tardera plus.
Cette première phase pourrait être qualifiée de phase subjective car la production de sémacartes est mienne et reflète donc ma seule subjectivité. Lorsque neocogit se verra régulièrement enrichi par des commentaires et remarques de fond, qui montreront une compréhension de la sémacarte telle que cela amène à formuler des des critiques et commentaires pertinents par rapport au contenu. Ces retours permettrons à leur tour un retour vers la sémacarte pour l'enrichir et la faire évoluer.

(2) Passer de la subjectivité à l'inter-subjectivité. De plus en plus de sémacartes auront été enrichies suite aux remarques et commentaires des lecteurs de neocogit, qui diviendrons alors de véritables acteurs et contributeurs. Ces sémacartes refléterons alors une inter-subjectivité, un état de connaissances collectives. L'exemple du voyageur imprudent (voir les commentaires) illustre une telle interaction donnant lieu à une sémacarte enrichie qui intègre un point de vue qui n'était pas le mien.

(3) Passer de contributeur à constructeur et créateur de sémacartes. Là, j'ai été cloné :-) En tout cas d'autres que moi s'approprient ce mode de représentation qui est en fait bien plus qu'un mode de représentation. C'est une façon de voir, de comprendre et d'apprendre. Je parlerai donc plus d'un mode de pensée, d'une approche non plus linéaire mais systémique, modélisante, globale, holistique où le tout est plus que la somme des parties mais où la partie est en même temps plus que le tout. Une approche qui permet de rendre la complexité intelligible et belle en même temps.
Une sémacarte condense les connaissances, permet de se les approprier en profondeur, permet de restituer des connaissance et les transférer vers le cerveau comme une mémoire annexe pourrait le faire.
Ici, l'investissement pour le constructeur de sémacartes est certe très important mais les gains potentiels sont énormes pour l'individu. Seulement, il manque les outils. C'est un frein important car s'approprier un logiciel de modélisation UML pour n'en utiliser que 10% est difficile.
Cela pourrait devenir un projet pour neocogit : concevoir et développer un outil simple pour construire des sémacartes. Et pourquoi pas pour s'y promener, selon une métaphore 3D ou autre.

Oh, là, là, j'écris, j'écris, je me laisse entraîner. Que d'envies. J'espère que quelques-uns auront au le courage de lire cette note entièrement. En tout cas, le jour où quelqu'un me proposera une sémacarte dont je ne serais par à l'origine, la phase (3) commencera son existence.

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Commentaires

Christophe,

Le temps me manque et le mois d'octobre s'annonce mal pour y voir une quelconque amélioration.
Je ne désespère pas d'arriver à produire moi-même une sémacarte et donnez le feu vert pour la phase 3 (si le maître la valide...). Néanmoins, il reste ce blocage technique ; dominer Poseidon ; je n'ai pas encore essayé (dominer un tel dieu grec ! impossible !) ; néanmoins, mes quelques essais me permettent de dire que c'est un logiciel lourd et gourmand en ressources (on l'utilise à 10% pour des sémacartes) même lorsque l'on commence à poser les formes et à les relier. Il s'agit à la base d'un outil de modélisation des données pour les systèmes d'informations.
En ce qui concerne la sémacarte elle-même, je reste perturbé par deux choses : 1) pourquoi encombrer la carte d'informations non relatives au contenu (l'auteur avec une description générale du contenu) et ne pas se contenter des poser les seuls concepts, idées clefs sur la carte ? Je sais bien que l'information de l'auteur est importante dans le cadre d'une vision systémique mais alors pourquoi ne pas élargir au contexte historique, social... Dans le cas particulier de la carte des décisions absurdes, afficher le nom de l'auteur apporte pu étant donnée sa renommée encore limitée ou peut-être faudrait-il positionner autour de lui son "background" : un DRH, sociologue... Ce type d'infos permet d'apprécier souvent le contenu du propos.

2) la sémacarte veut approcher le complexe ; néanmoins, lorsque je prends les cartes du site (que je n'ai pas crées), je vois des liens qui vont parfois dans des sens opposés, reviennent en arrière ; certes, cela représente la complexité, mais en tant que lecteur extrérieur, je me sens obligé de suivre chaque ligne, de revenir en arrière pour prendre une autre partant de l'ancien point de croisement ; en fait, on se retrouve le nez sur le papier et on perd toute vue globale.

Voilà donc des premières remarques qui ne traduisent pas un rejet mais un blocage dans l'appropriation d'un outil dont je suis convaincu théoriquement de la richesse.
Peut-être que ces remarques traduisent une incompréhension quant à la sémacarte elle-même.
Au plaisir de lire tes commentaires ; en tous cas, il faudra peut-être se rencontrer sur Paris pour avoir une séance particulière ; mais avant tout, il faut que je m'y frotte !

Ecrit par : La Chouette | 06 octobre 2006

Oui, le temps est une denrée rare :-)
Je reste bien conscient des contraintes propres à l'utilisation d'un outil comme Poseidon. Comme je le disais dans l'article, une solution pourrait être de développer un outil spécifique pour éviter ce blocage technique.
Je serais en effet très heureux de pouvoir consulter une exo-sémacarte :-) afin d'amorcer la phase 3...

Concernant le point 1), je suis entièrement d'accord, c'est à dire que idéalement, il serait intéressant d'ajouter des éléments liés au contexte historique, social pour encore plus contextualiser. Concernant les décisions absurdes, je pourrais par exemple m'inspirer de votre fiche de lecture dans laquelle figurent ces connaissances.
Il est vrai que je me contente souvent pour l'instant d'une synthèse du seul document que je parcours.
Je pense que le mode "inter-subjectif" permettrait naturellement d'ajouter ces éléments de contexte, simplement à travers le partage.
Pour résumer, je trouve donc qu'il est bon de ne pas se limiter aux seules informations du contenu. Autre exemple, "interconnecter" deux livres à travers des concepts apparentés comme "Les décisions absurdes" et "Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens".

Par rapport au point 2), il est vrai qu'il serait bien de pouvoir visualiser la carte avec en même temps la vue globale et la vue locale. Le lecteur PDF ne permet pas cela. On pourrait imaginer un système type Macintoch avec la sémacarte toujours présente en entier à l'écran et le curseur de la souris qui fait effet de grosse loupe. J'aime aussi assez le principe utilisé dans Poseidon avec une vue en miniature de la sémacarte et un cadre qui symbolise la partie zoomée dans l'écran principal.
Là aussi j'aimerais développer un outil permettant de vérifier le principe de Morin "Le tout est plus que la somme des parties et la partie est plus que le tout", donc faire cohabiter les deux points de vues dans une même interface.

Je comprends tout à fait ces blocages. J'ai réussi à les dépasser car les sémacartes m'ont énormément apporté en terme d'appropriation et gestion des connaissances.

Lors de mon prochain déplacement à Paris on essaye de se rencontrer...

Ecrit par : Christophe | 06 octobre 2006

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