30 mars 2006

Bienvenue à la Sémantique Générale

J'ai ajouté un lien vers la Société Francophone de Sémantique Générale dans les reliances ci-contre.
J'ai fait cela car après avoir parcouru une présentation de cette "logique de pensée non-aristotélicienne", j'ai été séduit... Voici mes premières impressions :

Ce qui me plait c'est de trouver un lien direct entre ce paradigme de pensée et la physique quantique. Je m'intéresse et j'aime beaucoup à la physique quantique, tous ses paradoxes, les ouvertures d'esprit et les remises en question qu'ils apportent.

Ce qui me plait aussi c'est cette relation "logique aristotélicienne" - "physique euclidienne" - "logique de Descartes" qui mène au réductionnisme et qui devient, de l'autre côté du miroir, "logique non aristotélicienne" '- "physique quantique" - "Sémantique générale". Bref j'ai tout simplement l'impression que la sémantique générale est une autre voie du cheminement "Systémique & complexité" - "Pensée et penser complexe" - "Edgar Morin et autres" qui est un extrait de mon cheminement personnel depuis de nombreuses années.

Ce qui me plait également beaucoup c'est de voir apparaître Henri Laborit. Henri Laborit avec "Biologie et structure" ainsi que "Eloge de la fuite" figure parmis mes auteurs préférés (voir absolument aussi le film "Mon Oncle d'Amérique").

Ce que j'ai moins compris c'est l'affirmation "...la structure de celui-ci (langage mathématique) étant similaire à celle du système nerveux humain. Elle (la sémantique générale) constitue un mode de pensée adapté au fonctionnement de notre cerveau".

Ce qui m'intrigue maintenant c'est aussi de savoir ce qu'est la logique de pensée aristotélicienne puisque la sémantique générale se définit comme une négation, pas une opposition, de celle-ci.

Bon cela montre qu'il reste beaucoup de choses à comprendre, intégrer, questionner et que ce n'est sans doute pas la dernière fois que je vais parler de sémantique générale.

Je conseille également d'aller faire un petit tour du côté de Wikipédia : Sémantique Générale.

28 mars 2006

Stéréotypes et représentation graphique

Il ressort des notes précédentes (1, 2) consacrées aux stéréotypes qu'ils constituent un vocabulaire spécialisé, sorte de méta-langage d'une sémacarte qui permet de gravir les échelons du sens et de la connaissance et ainsi de démultiplier la puissance d'expression d'une sémacarte. Ils s'appliquent aussi bien aux relations qu'aux concepts-idées-connaissances.
La sémantique de ce méta-langage est soit définie par une définition, soit par une sémacarte. Ce dernier point permet d'envisager une récursivité sémantique, où des sémacartes définissent un concept-idée-connaissance qui sera réutilisé dans d'autres cartes, etc.

Il se trouve que le standard UML offre la possibilité de définir une représentation graphique particulière pour chaque stéréotype. Cette possibilité, que se réapproprient les sémacartes, permet de faire des constructions visuellement plus attrayantes et signifiantes si les signes qui représentent les stéréotypes sont bien choisis.

On peut, par exemple, faire très directement le parallèle entre cette notion et les cartes de l'université tangente. J'ai reproduit ci-dessous un extrait de la légende de l'une des cartes accessible sur leur site :

medium_stereotype_universitetangente.jpg

Chaque élément visuel peut très bien être assimilé à un stéréotype...
Je crois que je préfèrerais personnellement appeler cela un méta-type plutôt qu'un stéréotype. Méta-type comme type de type ou type abstrait.

26 mars 2006

De l'usage des stéréotypes

Il me semble que les stéréotypes méritent bien une petite illustration.
Ainsi, considérons tout d'abord le concept d'émergence et sa représentation en tant que stéréotype dans une sémacarte. L'émergence peut par exemple relier deux concepts comme la fourmi et la fourmilière (souvenir de Gödel, Escher, Bach de Douglas Hofstadter) ou celui de web et de super-intelligence (voir l'article du blog d'Automates Intelligents, "Le Web n'est pas encore un super-cerveau" même si la conclusion de l'article ne va pas encore dans ce sens). La façon de représenter cela à l'aide d'une sémacarte est la suivante :

medium_stereotypes.jpg

Il apparait que le lien entre fourmi et fourmilière est une association d'aggrégation alors que celui entre le web et la notion de super-intelligence est une dépendance.
En effet, il paraît nécessaire de distinguer l'émergence d'une fourmilière comme étant associée structurellement aux éléments qui la composent, c'est à dire les fourmis, ce qui justifie cette relation d'aggrégation qui signifie que le fourmilière est constituée de fourmis alors que la relation entre super-intelligence et web relève moins d'une relation structurelle directe, la super-intelligence ne pouvant être directement associée structurellement au web.

Voilà en tout cas une illustration d'un stéréotype appliqué aux relations. Dans une prochaine note, je mettrai en appliquation un stéréotype appliqué à une entité concept-idée-connaissance, le mème par exemple.

22 mars 2006

Les cartes de l'université tangente

Belles, attirantes, déroutantes, détaillées, mirages visuels, porteuses de sens... Ce sont les cartes de l'université tangente (nouveau site).
Je vous recommande ce voyage.

medium_utangente_carte1.gif

medium_utangente_carte2.gif
medium_utangente_carte3.gif

21 mars 2006

Ontologie des sémacartes (5) - Les stéréotypes

Cette note devrait clore la série "Ontologie des sémacartes (#)". En effet, tout le langage sémantique servant de base aux sémacartes aura été abordé ; les concepts-idées-connaissances et ce qui permet de les relier : associations, héritage, dépendance et, dans cette note, les stéréotypes (toujours un concept défini par la norme UML mais assoupli et adapté pour l'usage spécifique du constructeur de sémacartes).

Les stéréotypes sont un outil vraiment étonnant puisqu'ils permettent de fabriquer un véritable méta-langage, de créer un vocabulaire complètement nouveau avec sa sémantique propre, pour l'appliquer à un domaine particulier.
Bien-sûr, manipuler cette notion demande à prendre des précautions particulières afin que les modèles restent intelligibles. Il ne s'agit pas d'introduire un nouveau stéréotype de façon arbitraire pour faire un raccourci, se simplifier la vie, et un usage parcimonieux et pertinent doit absolument en être fait.
Les stéréotypes se situent véritablement au niveau méta par rapport au modèle sur lequel on travaille. Ils constituent une nouvelle famille, une nouvelle classe sémantique.
La représentation d'un stéréotype est une expression placée entre guillemets. Chaque nouveau stéréotype introduit dans une sémacarte doit absolument avoir été défini par une définition ou par une autre sémacarte. Ainsi, on peut par exemple créer et introduire un stéréotype "émergence" correspondant à cette définition ou un autre stéréotype "mème" qui est défini par cette sémacarte.

Les stéréotypes sont donc un outil créateur au service de l'évolution des sémacartes. On peut imaginer construire une famille de stéréotypes destinées à modéliser l'univers de la mémétique, ou celui des systèmes complexes, sociaux, etc. Une processus possible serait qu'une famille de sémacartes serve à décrire certains concepts de base, lesquels se voient transformés en stéréotypes, lesquels servent à construire de nouvelles sémacartes à un niveau méta, lesquelles servent à nouveau à définir des concepts, lesquels...
Les stéréotypes autorisent donc la récursivité sémantique, c'est à dire qu'une sémacarte puisse servir de fondation à une nouvelle sémacarte et ainsi de suite. On peut ainsi progresser dans la direction du sens et de la connaissance. C'est en tout cas ma conviction. Reste à la mettre en pratique de façon convaincante.

20 mars 2006

Ontologie des sémacartes (4) - La dépendance

Nous avons déjà passé en revue plusieurs types de liens sémantiques pour relier les connaissances-concepts-idées afin de permettre la construction des sémacartes : l'association et ses trois formes d'expression (l'association simple, l'aggrégation et la composition) ainsi que l'héritage.

Ces deux familles de liens permettent d'exprimer et de définir des reliances, c'est à dire de créer un lien sémantique structurel entre divers éléments.
La dépendance est d'une autre nature. Il s'agit d'une relation unidirectionnelle exprimant une dépendance sémantique entre un élément origine et un élément influencé ou dépendant. L'élément influencé est celui qui subit la dépendance et son effet alors que l'élément origine est celui qui est responsable de la dépendance, de son origine et de ses effets.

Cette relation de dépendance se représente (toujours selon le langage de modélisation UML - Unified Modeling Langage) avec une flèche en traits pointillés qui pointe vers l'élément origine de la dépendance. Cette relation peut bien entendu être précisée par du texte.

Ainsi, l'exemple suivant illustre ces notions tout en faisant un clin d'oeil au célèbre "effet papillon" cher à la théorie du chaos, à la complexité et aux systèmes non linéaires : la battement d'aile d'un papillon (exprime une sensibilité aux conditions initiales) peut provoquer un ouragan (non linéarité).

medium_ladependance.jpg

On comprend bien, à l'aide de cet exemple, qu'il n'existe aucun lien structurel entre le phénomène météo et le papillon alors que pourtant l'un des deux est à l'origine, ou contribue à l'origine, de l'autre. C'est donc la relation de dépendance qui permet d'exprimer justement cette dépendance systémique au combien importante à dicerner lorqu'il s'agit de modéliser la complexité.

C'est ainsi que la dépendance montre tout son intérêt, dans le fait de pouvoir modéliser des liens autres que structurels ; par exemple des liens organisationnels et informationnels comme l'auto-organisation, l'émergence, etc.

19 mars 2006

Emergence

Je trouve que l'émergence est un concept fascinant. C'est un mot magique dont le réductionnisme nous a privé pendant longtemps. C'est le mot-concept qui relie deux niveaux d'organisation, qui relie le compréhensible et l'incompréhensible, le prévisible et l'imprévisible, les neurones à la conscience, la fourmi à la fourmilière, la matière à la vie.
C'est un phénomène brutal, extrême, magique, un saut de complexité, la métamorphose d'un système, une mutation faisant apparaître de nouveaux comprtements et de nouvelles propriétés, le passage des parties au tout et du tout aux parties.
L'émergence est aussi une fuite en avant, une lutte contre l'entropie, une tentative désespérée pour combattre l'usure du temps et la dissipation dans les étoiles.

L'émergence est une connaissance clé pour modéliser la complexité et tenter de la rendre intelligible, perceptible.

15 mars 2006

Créateur de mème ?! La Wisibilité.

Depuis ma rencontre et discussion sur ce blog avec Spinodo - Charles Mougel je suis allé faire un petit tour curieux du côté de son blog et je me suis arrêté sur une note : "Créateur de mème, c'est possible ?".
Je suis prêt à me prêter au jeu, à la propagation ou réplication devrais-je dire, et volontier coiffer la casquette encore rare d'ingénieur mémétique. Enfin, le véritable ingénieur mémétique, celui qui a forgé le néologisme wisibilité : être visible sur le web c'est Charles Mougel ou peut-être n'est-il lui aussi que le premier relais d'une propagation initiée par d'autres. Peu importe. Je ne suis à mon tour qu'un simple relais, une terre d'accueil, ou plutôt un cerveau d'accueil, à ce mème. Amplificateur ou caisse de résonnance peut-être, tout dépend du nombre de cerveaux que je vais à mon tour pouvoir coloniser...
Va-t'il survivre dans l'écosystème culturel ? Nul ne le sait encore, mais au compteur je note déjà plus de 20 apparitions pertinentes.
Pour ceux qui sont allé au bout de ce message, je chuchote un petit secret : j'ai moi aussi, il y a quelques semaines, joué à l'apprenti sorcier mémétique en forgeant un néologisme...

14 mars 2006

Donner de la couleur aux sémacartes

medium_iris.jpgDepuis une première tentative d'utilisation de la couleur pour faciliter et "guider" la lecture des sémacartes, j'ai pris cela comme une habitude et je suis maintenant à peu près convaincu qu'il s'agit d'une bonne habitude. En effet, la coloration de concepts ou groupes de concepts m'a déjà aidé à mettre en évidence une erreur ou un défaut de sens dans une sémacarte et inversement je trouve véritablement que leur lecture s'en trouve facilitée.
De là à dire qu'une sémacarte belle est une sémacarte juste ou intelligible, il n'y a qu'un pas :-)
Cela me rappelle un passage de l'excellent Gödel, Escher, Bach de Douglas Hofstadter où Achille et la tortue imaginent pouvoir mettre en musique des propositions mathématiques en se demandant si il existe un passage entre le monde musical et le monde mathématique via lequel les propositions mathématiquement justes allaient sonner juste à l'oreille et les propositions fausses allaient être dissonantes...

Ainsi, pour revenir au sujet initial, je propose deux règles pour que la couleur devienne véritablement une nouvelle dimension pour l'expression et l'intelligibilité des sémacartes :

1) La relation d'héritage entre concepts-idées-connaissances traduit un changement du niveau d'abstraction et de représentation, d'un niveau général / abstrait à un niveau plus spécialisé / concret et vice-versa. Le principe consiste à conserver une même teinte pour la famille ainsi constituée mais à faire varier cette teinte à partir d'un ton sombre pour le concept le plus général, à un ton de plus en plus clair pour les concepts les plus spécialisés.

2) Les groupes de concepts formés par la relation d'aggrégation ou de composition ont en commun une même teinte unique. Comment peut-on définir et discerner un agrégat de concepts ? Ou se situe la frontière ? La sensibilité du séma-cartographe entre bien-entendu en jeu mais aussi le type d'associations qui relient les concepts entre-eux. Par exemple, une association simple (sans diamant noir ni diamant blanc) traduit une relation lâche, souple, favorable au changement de couleur et au passage d'un groupe de concepts à un autre, alors qu'une association avec diamant (qu'il soit noir ou blanc) traduit une relation et une dépendance forte entre les concepts, défavorable au changement de couleur.

Il s'agit en tout cas là des régles que je me propose de suivre et d'appliquer pour la construction des sémacartes. Des exemples sont par ailleurs déjà disponibles dans la bibliothèque de sémacartes.

12 mars 2006

Un modèle possible des mèmes

Cette note fait écho à cet article, "Une définition possible des mèmes"qui a récemment cité dans la liste mémétique comme une pièce fondatrice pour tenter de "définir sans ambiguité le cadre mémétique".
Alors pourquoi ne pas partir de là pour une première contribution dans ce domaine sous la forme d'une sémacarte d'un premier modèle possible des mèmes. Je rappelle que la lecture des sémacarte demande quelques pré-requis accessible dans la catégorie "sémacartes (ontologie)".

A partir de cette sémacarte, évolutive par nature, d'autres concepts pourront venir se greffer et enchirir de façon itérative ce modèle embryonnaire. Je compte en effet utiliser et mettre à profit d'autres travaux déjà effectués dans ce domaine ainsi que tous les commentaires et remarques qui pourront m'être adressés. Mon objectif est de mieux comprendre ce concept de mème et d'avoir une approche macroscopique et systémique pour le situer dans son écosystème et mieux le comprendre.

J'ai dû passer quelques heures à "digérer" la définition présente sur le site memetics-story, à m'approprier certains concepts pas évident et qui m'étaient étrangers (engramme et épigénétique par example) pour enfin arriver à un résultat satisfaisant et, je l'espère, intelligible.
C'est surtout le côté biologique des mèmes qui ressort de cette premiere sémacarte. Bonne promenade !



Sémacarte "Un modèle possible des mèmes"


Une version source (format .zuml pour Poseidon) est disponible sur simple demande.

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