14 novembre 2006

Thèse sur la cartographie sémantique

medium_radialtree.jpgJ'ai déjà eu l'occasion de vous signaler le travail de thèse de Christophe Tricot dans le domaine de la cartographie sémantique.
Dans cette première annonce, j'avais souhaité qu'il nous fasse part de sa date de soutenance de thèse, et c'est chose faite ! Il a eu la gentillesse de faire parvenir un message au groupe de travail sémacarte.

La soutenance de thèse, effectuée au laboratoire de recherche LISTIC – Équipe Condillac aura donc lieu le vendredi 24 novembre à 9h30 à la Salle des conseils :
Présidence de l'Université de Savoie
27 r Marcoz
73000 CHAMBERY

Voici le résumé proposé par Christophe Tricot :

Cette étude a débuté avec un constat important : les organisations sont submergées par le nombre toujours croissant d'informations qu'il est nécessaire de maîtriser pour mener à bien leurs activités. En effet, étant obligées de faire face à la mondialisation des flux et des services, les organisations ont découvert de nouveaux besoins et
elles ont développé de nouvelles activités : veille stratégique, gestion de l'innovation, capitalisation des savoirs, gestion du capital intellectuel et humain, intelligence économique, etc. Depuis, elles collectent et stockent toujours plus d'informations et leur espace informationnel ne cesse de grandir. Dans ce contexte mondialisé, l'avenir des organisations passe par la maîtrise de leur espace informationnel.

La maîtrise d'un espace est une problématique universelle qui préoccupe l'homme depuis son origine. La cartographie résulte de cette problématique ; elle permet de visualiser un espace pour mieux l'appréhender. Chaque carte joue alors le rôle de support externe de la pensée pour amplifier la cognition des personnes qui l'utilisent.

L'étude de la cartographie nous a appris que pour construire des cartes à partir de l'espace informationnel des organisations, il est nécessaire de mettre en œuvre des paradigmes de représentation, de visualisation et d'interaction. Cette « recette » est maintenant bien connue et maîtrisée. Cependant elle ne répond que partiellement à nos besoins. En effet, il subsiste deux problématiques à résoudre pour y parvenir : comment proposer une cartographie basée sur la sémantique du domaine ? comment déterminer les paradigmes à mettre en œuvre pour fournir des cartes adaptées à l'utilisateur ?

Face à cette double problématique, nous avons défini une nouvelle cartographie capable de construire des cartes adaptées aux besoins des organisations. Nous la nommons « cartographie sémantique ». Elle repose sur nos différentes propositions et sur leurs réalisations.
La mise en œuvre de la cartographie sémantique dans le monde des entreprises nous a permis de valider l'ensemble de l'étude mais surtout de s'assurer que la problématique était bien résolue.


Voilà, cela semble bien prometteur, et de plus, c'est le jour de mon anniversaire. Que demander de plus :-)
En tout cas je lui souhaite très bonne chance pour sa soutenance.

PS : je viens de m'apercevoir que Serial Mapper a également relayé cette nouvelle. Il faudra peut-être prévoir d'accueillir plus de monde que prévu à la salle des conseils si le buzz bas son plein dans la noosphère de la cartographie... Bon le fait que ce soit à Chambéry devrait calmer quelques ardeurs.

12 novembre 2006

MCX-APC

medium_mcx-apc.pngMCX-APC est une reliance entre l'Association pour la Pensée Complexe (APC) fondée par Edgar Morin, et l'Association du programme Européen MCX "Modélisation de la CompleXité" présidée par Jean-Louis Le Moigne. Ces deux associations ont constitué le réseau Intelligence de la Complexité (RIC), véritable émergence de la pensée complexe.

L'activité de ce réseau produit des ateliers et compte-rendus d'atelier, une lettre d'information diffusée par courrier électronique, la collection d'ouvrages Ingénium, ainsi que de très nombreux autres documents. Ce réseau ne pourra pas laisser indifférent ceux pour qui les mots complexité et modélisation ont une résonnance particulière.

Pour ma part, la découverte de MCX-APC il y a de cela quelques années a vraiment été une révélation car je considérait déjà séparément Edgar Morin et JL Le Moigne comme des acteurs majeurs de ma sphère culturelle. Leur association reliait deux mondes, celui de la modélisation des systèmes complexes et de la pensée complexe, reliance qui a sans aucun doute contribuée à l'émergence des sémacartes, qui distinguent et relient pour modéliser.

05 novembre 2006

Sémacartes parmi les cartes

medium_semacarte-legende.jpgLes sémacartes sont régulièrement confondues avec d'autres types de cartes et en particulier les plus populaires d'entre elles : les cartes heuristiques. Je me suis ainsi aperçu que très souvent on a tendance à faire un amalgame : cartographie d'information = cartes heuristiques. Pourtant les sémacartes n'en on pas moins une identité propre et des usages qui diffèrent de ceux des cartes heuristiques. Ma discussion avec Serial Mapper a permis de mettre en relief certaines de ces différences. Par ailleurs, la légende des sémacartes mise à disposition sur ce blog permet vite de se rendre compte, lorsqu'on pratique déjà les cartes heuristiques, qu'il s'agit bien de deux choses différentes.

D'où l'idée de montrer à l'aide d'une sémacarte une vue d'ensemble de la cartographie d'information et des méthodes de cartographie d'information. Dit comme cela, c'est ambitieux, trop ambitieux, vous avez raison. Cette sémacarte ne représente en fait que mes propres connaissances, et elles sont très limitées, n'étant pas moi-même un professionnel de ce domaine. Il peut donc s'agir d'un point de départ qui pourra être enrichi en fonction de vos commentaires, si les éléments qui apparaissent sur la sémacarte en évoquent d'autres chez vous.
Cependant, mon objectif qui était de faire apparaitre les sémacartes et les cartes heuristiques à des positions différentes, pour les distinguer, est atteint.

Je vous propose maintenant de mettre la carte sous vos yeux pour que nous puissions la parcourir ensemble... Découvrez-là au format PDF en cliquant sur l'icônes ci-dessous :



Sémacartes parmis les cartes


De loin, vous voyez se dessiner trois zones colorées : verte, orange et mauve.

Le vert correspond au concept "Processus cartographique". J'en ai fait deux familles distinguant ainsi les processus manuels des processus automatiques. Les processus manuels correspondent aux démarches du type sémacartes ou cartes heuristiques. Le "Processus cartographique" possède également des caractéristiques propres comme le fait qu'il s'agisse d'une "Approche non-linéaire de l'information" ou bien que le "Processus cartographique" permette une mémorisation accrue.

Le mauve symbolise le "Contenu", c'est à dire l'information ou la connaissance qui va servir de substrat à la représentation cartographique. Les zones vertes et mauve sont associées à travers des liens directs car j'ai pensé que les processus manuels sont plus adaptés au contenu sémantiquement non-structuré alors que les méthodes automatiques opérent généralement sur la base de contenu déjà sémantiquement structuré.

L'orange s'associe à la notion de "Modèle" dont la "Carte" est une représentation visuelle. La relation d'héritage entre contenu "Sémantiquement structuré" et "Carte" signifie que la carte n'est finalement qu'une forme de contenu structuré qui exploite diverses dimensions de l'espace pour s'exprimer. Cela veut aussi dire (en suivant le lien entre "Sémantiquement structuré" et "Automatique") que la carte peut elle-même être le point d'entrée pour un processus de cartographie automatique proposant ainsi une méthode cartographique à deux niveaux : une première passe manuelle pour structurer une information non structurée sémantiquement puis une passe automatique pour effectuer une seconde transformation cartographique incluant potentiellement des agrégations avec d'autres sources de données, etc.

La "Carte" hérite donc des caractères du "Modèle" et du contenu "Sémantiquement structuré".
La classification sous "Carte" bien que sans doute très incomplète fait apparaitre les "Carte heuristique" et "Carte de concept" comme deux famille qui se distinguent de par leur topologie. La "Sémacarte" étant une sous-famille des "Carte de concept". J'ai également ajouté quelques types de cartes en provenance du travail de Christophe Tricot.

Voilà, j'espère que cette visite guidée simplifie la compréhension de la sémacarte.

28 octobre 2006

Ars Grammatica

Ars GrammaticaJe ne connaissais par David Bessis mais son "Ars Grammatica" publié aux éditions Allia a une résonnance toute particulière pour moi. Il s'agit d'un ouvrage constitués de multiples shémas-bulles représantant des mots dans des bulles de couleurs reliés entre eux. Chaque schéma constitue ainsi une histoire, une poésie. Ce principe permet donc de nombreuses interprétations, selon l'ordre de lecture des ces mots-bulles. De cette manière, ce qui peu être perçu comme une difficulté des sémacartes, c'est à dire l'absence de point d'entrée et d'ordre de lecture imposé, est ici utilisé pour générer différents sens selon le contexte de lecture et du lecteur.
Pour plus d'information, avant d'éventuellement acheter cet ouvrage, je vous conseille de suivre ce lien ainsi que celui-ci.

22 octobre 2006

Rencontre avec Serial Mapper

medium_serial-mapper.jpgJ'ai eu le plaisir de pouvoir rencontrer (physiquement !) et dialoguer avec Serial Mapper, un éminent cartographe de la guilde des cartes heuristiques.
Dit ainsi, cela fait de suite "jeu d'aventure", mais notre entrevue fût très sérieuse, très animée et passionnée.
Bien entendu, nous avons échangé nos cartes. Cette action tellement anodine et mécanique dans la vie professionnelle courante, prend ici, entre deux férus de cartographie, une toute autre dimension !

Nos échanges ont essentiellement portés sur les cartes heuristiques et sémacartes (ce n'est pas la même chose !), ce qui les distingue mais aussi ce qui les uni. Ainsi, j'ai pu constater que le plaisir et la passion était la même entre nous, et que la valeur ajoutée de cette pratique de la cartographie d'informations-connaissances est un point commun fort qu'il s'agisse d'une sémacarte ou d'une carte heuristique :
- facilité et plaisir de l'apprentissage et appropriation / mémorisation grâce au processus de construction d'une carte
- facilité et plaisir de la restitution des informations-connaissances mémorisées, même après une longue période "d'oubli", simplement en relisant et parcourant une carte existante

Claude (Serail Mapper) a également insisté sur la fait qu'il cherche et trouve, à l'aide des cartes heuristiques, une efficacité opérationnelle via rapidité et simplicité de mise en oeuvre. Il estime notamment que la couche "méta" (ce sont ses propres termes) apportée par les sémacartes (conséquence d'une pratique de modélisation assez poussée) ne lui est pas utile et n'est pas efficace. Ceci est à regarder à travers la loi de pareto, ou loi de 20/80, qui stipule que le gain qualitatif apporté est sans commune mesure avec l'effort consenti pour obtenir ce gain qualitatif. Ainsi, les liens transverses, si typiques de la structure en réseau des sémacartes ou autre cartes de concepts ne lui paraissent pas "utiles", sont trop consommateurs de temps et seraient même une source de fermeture, voire de frein à l'évolution de ladite carte. De même, afficher les liens transverses consiste à afficher une sorte d'objectivité, synonyme de fermeture et de "tout est dit" ne laissant plus d'espace à la créativité, à l'interprétation.

J'ai bien entendu un avis différent à ce sujet. Je trouve au contraire que le fait de réfléchir à ces liens transverses, permet d'approfondir énormément le sujet étudier et de "graver" encore plus fortement l'apprentissage dans la mémoire. Par ailleurs, l'expérience m'a montré que les sémacartes étaient tout à fait adaptées à subir des évolutions et transformations en profondeur. De même, concernant la créativité, passer beaucoup de temps sur la place des liens transverses, m'a souvent amené à créer des relations pertinentes dont je n'était pas conscient quelques instants auparavent, justifiant ainsi pleinement le surplus de temps passé à établir ces liens. De plus, cet aspect de modèle des sémacartes, permet à mon sens un partage de connaissances et un échange moins subjectif car laissant moins de place à l'implicite. En effet, le prix du gain de temps obtenu avec les cartes heuristiques est celui de l'implicite c'est à dire le choix de ne pas représenter des relations implicites déjà présentes dans l'esprit du cartographe de ladite carte heuristique. Quid de cet implicite lors du transfert d'une personne à l'autre ?

En tout cas, je garde un très bon souvenir de cette rencontre. J'espère que d'autres rencontres de ce type pourront avoir lieu régulièrement. Je pense qu'il y a une place pour les cartes heuristiques tout comme pour les sémacartes. Claude m'a promis de prendre le temps de réaliser des cartes heuristiques qui, à l'instar des sémacartes, intégreraient ce niveau méta de modélisation. C'est un échange qui s'annonce prometteur.
Pour terminer, n'oublions pas que les sémacartes sont jeunes, en évolution et en mutation. Elles sont moins simples à appréhender, à priori plus difficiles à lire et à comprendre que les cartes heuristiques, mais je suis persuadé que leur valeur ajoutée compense très largement le nécessaire investissement en temps pour les dompter...

20 octobre 2006

Hypomnemata

medium_hypomnemata.jpgJe voudrais saluer la découverte du blog de Christian Fauré, Hypomnemata : supports de mémoire. L'un des axes de publication de ce blog est la connaissance et je suis très agréablement surpris d'y découvrir une très belle carte de concept, Search Map. Il n'est en effte pas très courant de trouver des amateurs de ces cartes de concepts et encore moins qui en parlent.
Malheureusement, ce blog pourtant original par sa navigation et sa présentation n'est pour l'instant pas ouvert aux commentaires mais l'auteur est facilement accessible.
Un grand merci à La Chouette pour la mise en relation et l'invitation à la liste sémacarte adressée à Christian.

18 octobre 2006

Une légende pour les sémacartes

medium_semacarte-legende.jpgIl est un élément des plus utiles lorsqu'on souhaite comprendre toute carte en général et dont l'absence se fait cruellement sentir pour les sémacartes : il s'agit de la légende.
Cette absence, probablement décourageante (en tout cas source de difficulté) pour tous ceux qui souhaitent pouvoir lire les sémacartes, les comprendre, contribuer à leur évolution, voire atteindre le stade suprême et ultime de la création (là, j'en fait sûrement beaucoup trop, mais prenez-le vraiment comme de l'auto-dérision).
Bref, pour atteindre tous les objectifs et les étapes que j'ai pu me fixer, il manquait un maillon essentiel.
Je dois dire que c'est le groupe de travail et de discussion à propos des sémacartes qui a rapidement attiré mon attention sur ce manque pourtant criant.

J'espère donc pouvoir combler cette absence et peut-être susciter de nouvelles vocations... En tout cas, j'ai essayé de condenser l'essentiel de la notation et sa sémantique dans un document compact accessible ci-dessous. Je vous suggère donc d'ouvrir la légende à chaque fois que vous lisez une sémacarte. Pour en faciliter l'usage, des liens vers la légende seront bientôt proposés à chaque endroit dans ce blog où une sémacarte est accessible.
Chose amusante : la légende pour les sémacartes est une sémacarte ; un exemple de réflexivité ou d'auto-référence. J'espère néanmoins qu'elle sera facilement compréhensible et exploitable sans nécessité d'avoir la légende de la légende. Les liens (url) dans les commentaires qui décorent cette légende peuvent vous permettre d'aller directement à la note correspondante de la rubrique sémacartes (ontologie), seule référence disponible jusqu'alors pour vous aider à construire et vous orienter dans les sémacartes.